SORTIR DE LA NUIT

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SORTIR DE LA NUIT
Création 2022
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Chorégraphie Eddy Maalem | Avec Manolo & un troupeau de chevaux

 

« Il suffit d’entrer dans le visible pour interrompre, si son bras est suffisamment armé de spirituel ou d’Art, la mêlée des ténèbres… »

C’est ainsi que parle l’écrivain Yannick Haenel lorsqu’il évoque l’oeuvre du Caravage.

C’est à ce précepte, à cette compréhension du clair et de l’obscur qu’incline notre travail.

 

     Que dire une fois chevauché l’animal ?
     Quel geste et pour quel jaillissement ?
     Que disent ces étalons emmêlés de ténèbres auxquels viennent se lier l’homme
     et sa prédation ?
     Quel message provient de ce noir primitif, du souffle et des sabots, de la 
     vie au galop et du désir qui piaffe ?
     De l’homme à l’animal, quelle distance à trouver, quelle voie, dans le noir 
     de la chose inhumaine ?

 

Voilà ce dans quoi nous nous sommes lancés.

Cela passe par un dédale, une recherche. Cela demande, exige, le geste d’un vrai dépouillement.

C’est ce à quoi nous nous employons. Nous prenons le temps du travail, de la longue patience.

En chemin, la création de fragments, de performances, autant de mise à l’épreuve de notre discernement.

 

Finalement?

Créer quelque chose qui vaille.

 

Hommes et chevaux travaillent.

Ils cherchent à tirer la leçon des ténèbres pour apprendre, peut-être, à sortir de la nuit.

 

Heddy Maalem

 

— — —

 

C’est un rêve d’enfant qui remonte à la surface.

Je ne savais pas encore lire et écrire mais déjà je rêvais de me fondre dans l’animal. Dans cette relation totale, absolue que connaissent les enfants et que l’on perd après, parfois, mais pas toujours.

Cette relation aux animaux, aux arbres et aux créatures de la nature qui donne la sensation de se fondre en l’autre, d’exister à travers lui, pour lui.

C’est peut être cette forme d’animisme originel que je recherche encore aujourd’hui.

 

Enfant je rêvais aussi de danser, mais « les garçons ça ne dansent pas ».

Alors j’ai attendu.

J’ai attendu longtemps que la rencontre arrive.

Avec Heddy Maalem, cela fait bientôt 10 mois que nous avons commencé cette exploration :

Inventer un langage des corps pour danser avec des étalons d’une masse et d’une puissance infiniment supérieures aux miennes. Trouver le mouvement juste, organique de ce corps à corps entre l’homme et l’animal.

 

Une fois les anciennes carapaces tombées, l’esquisse se fait jour lentement. Aucun de nous ne sait précisément où nous mènera ce chemin mais je suis certain de sa justesse et je crois que nous sommes déterminés à consacrer encore les mois de travail qu’il faut pour danser avec Arjuna, Gengis, Indra, Nakula et Sahadeva, cinq étalons noirs comme la nuit.

 

     Est-ce que l’arbre danse avec le vent ?
     Et si finalement c’était ça la danse ?
     Et si finalement le Centaure c’était une relation sincère avec les forces 
     de la nature pour danser ensemble ?

 

Si nous y parvenons, ce sera ça pour moi, sortir de la nuit.

 

Manolo Bez

 

EQUIPE ARTISTIQUE 

CHOREGRAPHIE Eddy MAALEM

AVEC le centaure Manolo & Arjuna, Gengis, Indra, Nakula et Sahadeva, cinq étalons noirs

 

PRODUCTION Théâtre du Centaure

COPRODUCTION Archaos, Pôle National des Arts du Cirque Méditerranée

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